Later, Alice...

Vendredi 15 septembre 2006 5 15 /09 /2006 23:36

Après des mois d'absence j'ai décidé de reprendre ce blog à zéro parce que c'est une des seules libertés qu'il me reste, celle de m'exprimer sans crainte d'être jugé par qui que ce soit.

Le regard d'autrui est difficile à supporter puisqu'il se base sur les normes de la société, des normes injustes et souvent arbitraires. Comme si on pouvait modifier notre corps ou notre look à chaque regard d'étonnement, de pitié ou de haine. Ce serait payer un prix trop lourd à la société au détriment de notre bien-être et de l'acceptation de soi, un prix que je ne suis pas prêt à payer.

Ce corps à présent si vulnérable n'est plus qu'une cuirasse devenue bien dérisoire face au mal qui m'affaiblit davantage année après année. Que la lutte est âpre et incertaine, elle fait rage dans mon corps depuis longtemps et elle a désormais investi ma tête, s'attaquant sournoisement à mon ego et à mon moral. La guerre est totale. Cette lutte m'épuise et mes espoirs s'amenuisent comme du sable qui s'égraine lentement et inexorablement dans un sablier. Le temps est mon ennemi et l'allié du mal dans son entreprise. il semble me vider peu à peu de ma substance et me priver de tout ce qui fait ce que je suis. Je ne compte plus me résoudre à accepter mon sort comme une fatalité, je vais vivre ma vie au maximum malgré mes modestes moyens et prendre les instants de bonheur comme ils arrivent. Je veux prouver que je peux faire quelque chose de ma vie pour qu'elle ne demeure pas une aventure inachevée. Mon esprit et mes mots seront mes armes pour laisser une trace dans ce monde et pour donner aux autres un bout de ce qui m'est le plus précieux: mon âme.

Je sors à peine de l'enfer et j'espère que je retrouverai bientôt la lumière qui faisait ma force.

Par Homer Pumpkin - Publié dans : Later, Alice...
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 16 septembre 2006 6 16 /09 /2006 18:21

Je ne me souviens pas du jour précis où cela est arrivé, mais j'ai su, ce jour là, que j'avais franchi la frontière implicite qui me séparerait de mes congénères. Marcher, c'est pourtant une évidence, aussi simple que de respirer ou de manger. On imagine pas qu'on puisse un jour perdre cette capacité si fondamentale, surtout quand on est un enfant en apparence comme tous les autres. Une chape de plomb tombe soudain et fige à jamais dans ma mémoire l'innocence de mon enfance, un souvenir désormais estompé. Comme un grand bond dans l'avenir, je suis passé du jour au lendemain de l'enfance à l'âge adulte sans pouvoir l'empêcher ni m'y préparer. J’étais devenu un enfant-roi dont le trône deviendrait petit à petit la prison et, paradoxalement, le seul moyen de se mouvoir par lui-même, un cachot mobile en quelque sorte. De si grands ennuis pour un si jeune garçon, pourquoi cette injustice ? Il arrive parfois que ce soit la vie qui veuille votre mort et que certains tirent la plus courte paille sans qu'on sache par quel hasard cela se produit. Il n'y avait aucun enjeu ou privilège à remporter, seulement une autre existence à gâcher.

Marcher à nouveau pour moi c'est comme le désir de tout homme de pouvoir voler, c'est un rêve inaccessible, qu'il m'est encore interdit de réaliser. Je voudrais m'envoler et oublier enfin que je ne suis pas celui que j'aurais pu devenir sans toutes ces chaînes. Mon esprit me donne la chance de pouvoir ouvrir parfois la fenêtre de mon corps et de m'en échapper, ce n'est qu'une illusion que je n'ai par moment pas envie de quitter des yeux ni de briser. Des instants d'extase où des réminiscences de cette jeunesse candide me reviennent, comme pour que je ne puisse pas oublier cette sensation. Cette sensation de pieds frappant le sol en cadence ou épousant parfaitement la rondeur des galets pour renforcer d'une certaine façon le lien invisible avec la Terre nourricière. Cette liberté de choisir une direction ou d'errer sans même avoir à y penser n'est plus qu'une utopie que je peux seulement admirer de loin et derrière de lourds barreaux.

Il ne me reste plus qu'à devenir un esprit nomade avant qu'il ne soit trop tard; pour que je reprenne enfin mes jeux d'enfants là où je les avais laissés.

Par Homer Pumpkin - Publié dans : Later, Alice...
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 18 septembre 2006 1 18 /09 /2006 16:43

L’ennui. Ces moments de profonde inactivité où l'on se surprend parfois à compter les feuilles des arbres ou les aspérités du mur, en espérant en vain que quelque chose se passe et nous délivre. Une envie de s'arracher la peau ou de s'évaporer nous prend soudain quand l'ennui finit lui-même par s'ennuyer. On se dit, à cet instant où le temps n'existe même plus, que la plus atroce torture ne serait qu'une caresse comparée à la souffrance insupportable de l'ennui. Quand la douce mélodie de l'oisiveté cède sa place à une cacophonie d'ennui, c'est le signal inconscient du départ sous d'autres cieux. L’ennui, il faut le fuir à tout prix et se détacher de son emprise le plus vite possible. Les ailes sont coupées net par l'ennui qui nous fait oublier le goût même de la vie. Comme une drogue, il nous mène à des extrémités psychiques et physiques que nul ne pensait possibles. C’est un « bad trip » dont on a du mal à se réveiller et qu'on ne voudrait jamais revivre.

Quand l'ennui est brisé, le retour à la réalité est difficile mais salvateur, la désintoxication commence alors. Un sentiment de néant absolu qui ne dure que quelques secondes, fait place au spectre hideux de l'ennui, un moment d'incertitude ténue où le vrai et le faux s'entremêlent. Ce brouillard entre soi et le réel se dissipe dès que le monde s'ouvre à nouveau à nos yeux hagards. Septembre en attendant la fuite.

Par Homer Pumpkin - Publié dans : Later, Alice...
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Mardi 19 septembre 2006 2 19 /09 /2006 20:15

Certains mots font mal, trop mal pour qu'on puisse les encaisser. On fait face, on donne le change alors qu'à l'intérieur, tout est dévasté. la vérité est à ce prix et se mentir à soi-même n'est qu'un leurre afin d'endiguer l'inévitable. la vérité finit toujours par éclater à un moment ou à un autre avec un cortège de souffrances et de malaise. Blessé mais jamais abattu, je continue mon chemin malgré mes yeux rougis et mon coeur tout juste raccommodé. J’ai mal d'avoir tant à donner et de ne pas arriver à le faire, mes traumatismes encore vivaces ont fini par m'empêcher d'avancer comme je le voudrais. Aimer à ce point et à chaque fois sans avoir rien à espérer en retour, c'est un bout de vie qui se brise et les anciennes plaies se rouvrent aussitôt. Je reste sur l'échec et je n'ai pas la force d'évoluer par crainte d'une nouvelle déception encore plus amère. Dès que je sens l'amour possible, je perds toute modération et tout contrôle. Je deviens alors un monstre de jalousie et de fiel à cent mille lieues de celui que je suis au fond de moi. Ce monstre en arrive à se délester du poids de ses sentiments en les sacrifiant sur l'autel du dépit amoureux. Je n'arrive pas à empêcher ce double maléfique d'agir, l'ombre menaçante de l'adolescent désenchanté et frustré que j'étais rôde toujours quand Eros s'empare de ce coeur toujours prêt à palpiter. Eros dans un geste d'inconscience inepte se précipite dans les bras de Thanatos, qui étouffe sans merci l'amour naissant sans espoir de rédemption. Je m'inflige de moi-même les stigmates que je crois mériter pour avoir osé naître sous une lune noire. Ma vie n'étant plus qu'un abîme de douleurs qui ne font qu'empirer et finiront peut-être par me tuer.

Toute flamme n'est pourtant pas définitivement morte en moi. L’espoir que la roue tourne enfin et que l'élue soit au détour d'une rue me tient à flot. Je suis peut-être à terre mais je finirai par me relever, comme toujours.  L’amour de mes proches et le soutien de mes amis sont encore des pansements apaisants et efficaces pour refermer en silence mes blessures assassines.

Par Homer Pumpkin - Publié dans : Later, Alice...
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 21 septembre 2006 4 21 /09 /2006 19:55

Seul, prisonnier de la souffrance et du monde. Je vagabonde en solitaire au milieu d'un brouillard épais, sans savoir où je suis ni où je dois aller. Mon corps se nimbe de ténèbres et se désagrège lentement, j'ai peur. Personne n'entend mes cris et ne peut me voir au travers du rideau opaque et froid qui m'enveloppe, l'obscurité est presque palpable tant elle m'étouffe. Je suis seul et à l'agonie. Aucun espoir ne semble pouvoir briller en ces lieux où toute vie s'étiole, résiste mais ne peut que s'éteindre. Le rythme mon coeur scarifié est à peine perceptible dans ma poitrine, assourdi par l'horrible écho de ma solitude et de mon âme vide. je vis pourtant, figé dans une immobilité et un inconfort que rien ne vient soulagé, c'est un calvaire que cet univers hostile m'impose. Un chemin de croix qui n'a plus ni commencement ni fin et qui n'a aucun but sensé. Ma vie n'est qu'un marécage saumâtre où je m'embourbe et m'enlise davantage chaque jour. Je m'agrippe de toutes mes forces mais ce n'est que de la boue que je tiens dans mes mains, aucune berge solide où se mettre à l'abri n'est visible. Où que je pose mon regard, ce n'e sont qu'arbres décharnés et bourbiers nauséabonds. Une raideur me paralyse l'échine, la panique gagne peu à peu mon être et paraît s'amplifier dans des proportions monstrueuses. C’est une sensation insoutenable mais je fais preuve d'une tolérance surhumaine face à elle et ça me terrifie. Le malheur n'a-t-il donc aucune limite ?

Je vais finir ici coupé du monde, privé de tout et dans une indifférence froide et cruelle. Seul est mon destin, impossible est ma quête. Je me débats et me noie sans cesse dans un monde inconnu. En fantôme solitaire.

Par Homer Pumpkin - Publié dans : Later, Alice...
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Calendrier

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus