Dimanche 29 juillet 2007

Assez de faux-semblants, assez de faux-fuyants; l'heure n'est plus à la recherche d'un détour confortable pour éviter d'avoir à affronter comme je le devrais certaines vérités. La guerre n'a pas cessé et l'adversaire est toujours là tapi dans l'ombre, à me barrer le passage vers une meilleure acceptation de ce que je suis, de ce qui devrait être une force et non une faiblesse. Je suis quelqu'un. Quelqu’un de fort et qui ne se laisser abattre. J’ai traversé des épreuves auxquelles bien peu de gens aurait pu survivre et je n'ai eu aucune chance de pouvoir m'y soustraire. Bien sûr que c'est difficile à vivre et même insupportable par moments, que chaque progression de la maladie est une défaite qui m'oblige à me rebâtir à chaque fois un moral et à trouver malgré tout quelques motifs d'espoir. Je veux vivre ma vie du mieux possible malgré tout ce dont ma maladie me prive, malgré tout ce que j'ai peur de faire ou que je n'ose pas faire, je dois cohabiter avec mon handicap en espérant que cette situation ne durera qu'un temps et ne sera dans un avenir proche qu'un mauvais souvenir. je sais que j'ai de réelles raisons d'espérer et que seul le temps pourrait me manquer pour voir ces espoirs se concrétiser, c'est pour ça que je dois conserver cette force et cette combativité pour pouvoir patienter le plus longtemps possible en m'accrochant à cette possibilité que ma vie change un jour, qu'elle rentre dans cette normalité dont tant de gens aimeraient sortir. Certaines personnes se sentent minuscules face à mon fardeau et bien ordinaires face à mon courage pourtant c'est moi qui me sens inférieur aux autres, anormal et insignifiant. Je troquerai sans hésiter ce courage contre une vie normale; le courage n'existe que pour lutter contre l'adversité et n'a rien d'inné, il peut être admirable mais est toujours le fruit  d'un événement douloureux que l'on doit surmonter. Je veux me battre et accéder à la vie à laquelle j’ai droit tout en gardant la tête haute peu importe ce qui arrivera. Conserver le bon et rejeter le mauvais, la tête haute, toujours.

Par Homer Pumpkin - Publié dans : Neverlands
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Jeudi 26 juillet 2007

La chaleur s'est abattue comme une chape de plomb en fusion et a recouvert nos jours et nos nuits de son couvercle impénétrable. L’été est là, sans aucun doute. On sent sa présence à chaque coin de rue abrutie de soleil, à chaque terrasse de café surchargée d'estivants déshydratés, sur la moindre parcelle de nos corps malaisés et moites. Il investit l'espace et allonge le temps, qui se tord comme une montre molle mais tout ça n'est que surréalisme en ces mois d'été. On cherche à étancher sa soif en ayant l'impression que chaque goutte qui entre dans notre bouche s'évapore dès qu'elle franchit le gouffre de notre gorge, on croirait l'eau d'un bain qui disparait dans le siphon irrémédiablement. Ce plaisir minuscule aussi bref soit-il nous prouve que nous sommes en vie et nous ramène à nos besoins fondamentaux dont nous nous croyons déliés bien trop souvent. Le corps a une mémoire et sait nous le rappeler. Le soleil brille, les jours jouent les prolongations, les sourires fleurissent sur les visages, le temps s'étire comme les anneaux d'un serpent réchauffé aux lumières du matin...je suis bien.

Par Homer Pumpkin - Publié dans : Neverlands
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Mercredi 25 juillet 2007

Amour absolu, amour dissolu, amour volé, amour tronqué, amour haineux, amour envieux, amour trahi, amour détruit. L’amour n’est pas une source de bonheur immense et intarissable qui comble au-delà de toutes nos espérances sans jamais nous causer le moindre mal ; il est celui qui ne choisit rien et ne sait que désirer, incapable d’apprendre de ses erreurs ou d’évoluer dans un sens favorable. Un jour il se lasse et vous lâche pour aller prêcher sa bonne parole un peu plus loin, les romantiques et les rêveurs ce n‘est pas ce qui manque alors il trouvera toujours un auditoire disposé à l’écouter. Vendeur de vent, marchand de parapluies au Sahara, camelot de pacotille il a de la chance que nous soyons assez seuls et désemparés pour croire à ses promesses qu’il ne peut être sûr de tenir et qui peuvent recéler des vices cachés et regorger de défauts. Pas de garantie ni de service après-vente dans ce commerce là. Ce fieffé Méphistophélès voudrait que l’on pactise avec lui sans qu’on doive lui verser quelque acompte ou contrepartie que ce soit ? Que nenni, son sourire est bien trop suspect pour être honnête ! En dépit de ses appas charmeurs et de son air engageant, en signant ce contrat, on sait qu’il le bafouera dès qu’il en aura l’occasion. L’amour n’est pas la pomme dans le jardin d’Eden mais le serpent entortillé autour d’elle. Ce serpent peut être une simple et placide couleuvre capable de mordre mais qui ne fera pas grand mal, ces serpents là à force de se raréfier pourraient disparaître. Les vipères semblent au contraire proliférer semant souffrances et pleurs dans leur sillage, Leur morsure est de métal et de soufre. Nous redoutons tous ses crochets meurtriers, elle est cette mort rampante dont on pense ne jamais pouvoir se remettre mais l’espoir est le plus fort et nous fait relever la tête un jour ou l’autre. Couleuvre aux yeux d’azur, d’émeraude ou d’ambre n’aie pas peur et laisse-toi apprivoiser.

Par Homer Pumpkin - Publié dans : Neverlands
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Mardi 24 juillet 2007

L’homme a toujours été poussé vers l’ailleurs à la recherche du bout de la Terre et de nouvelles terres où poser ses bagages. Une force hypnotique l’oblige à être en perpétuel mouvement et à ne pas de se contenter du ciel qu’il a au-dessus de la tête. Le ciel est-il d’un bleu plus intense à New York ou à Nairobi ? l’homme a toujours rêver de voyage et de la gloire immense qui semblait aller de paire avec l’idée même de voyage mais bien des espoirs furent déçus et des rêves brisés, partir c’est aussi risquer de ne jamais revenir et de ne laisser aucune trace de son passage ici bas. J’ai aussi fait ce rêve. J’ai rêvé d’aller contempler les pyramides de Gizeh ou de Chichén Itza, de me promener sur l’esplanade de mosquées à Jérusalem ou au milieu des ruines de Pompéi, de sentir vivre Tokyo sous mes doigts ou de humer le vent dans les steppes de Mongolie. Hélas ses rêves ne sont restés que d’impossibles chimères que je n’ai pu réaliser que par procuration grâce à des images sur papier glacé ou dans la lucarne cathodique car pour tous ceux qui n’ont pas la chance de pouvoir partir barouder en Amazonie ou de bivouaquer au Sahel, il est tout de même possible d’étancher leur soif d’aventure en partageant un peu les voyages de ceux, si rares, qui ont fait de leurs pérégrinations un métier. Les quatre murs qui m’entourent m’enserrent comme une prison minuscule où on ne m’a laissé qu’un carnet de voyage agrémenté de croquis sur un peuple sans doute disparu comme unique compagnie. L’Est m’appelle en vain à lui mais mes muscles restent sourds et me retiennent de tout leur poids. Un jour je me libérerai de tout ça et je prendrai mon sac à dos pour partir à la conquête de l’inconnu. Voilà mon véritable rêve.

Par Homer Pumpkin - Publié dans : Neverlands
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Dimanche 22 juillet 2007

Consentir à laisser une place dans son cœur pour écouter et comprendre la souffrance de quelqu'un d'autre, faire preuve d'abnégation pour mettre de côté un moment ses propres peines et se mettre au service d'une personne qui a juste besoin de parler, compatir au malheur ou au mal-être sans pour autant prendre en pitié ou sombrer dans la curiosité malsaine...la compassion est polymorphe et nécessaire à une vision moins nombriliste du monde car en s'oubliant soi-même de temps en temps, on se rend mieux compte qu'il existe des personnes qui souffrent autant voire plus que nous et parfois même dans notre proche entourage. il faut savoir tendre l'oreille et proposer son épaule réconfortante et amicale tout en ne franchissant pas les limites par une volonté louable mais excessive d'en savoir toujours plus sur ce que l'autre endure en lui rappelant sans cesse des événements ou des personnes qu'il s'évertue tant bien que mal à oublier. Ce genre de psychanalyse ou d'exorcisme forcé peut faire ressortir des fantômes enfouis qu'on croyait à jamais disparus et on ne devrait à aucun moment avoir à faire subir ce traitement à quiconque même si on est convaincu que c'est la meilleure chose à faire. Non, il y a toujours mieux à faire pour aider les autres et parfois il suffit d'être là au bon moment et de faire silence pour sécher les larmes les plus amères.

Par Homer Pumpkin - Publié dans : Neverlands
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