J’ai encore dépassé les bornes. J’ai exigé des réponses impossibles à obtenir en lançant un ultimatum sans m'en rendre compte, j'ai écorné un peu plus l'image qu'elle avait de moi en ressassant les mêmes interrogations auxquelles elle ne pourra jamais répondre.
Je veux toujours plus que ce qu'on peut me donner en désirant m'attribuer une place plus grande ou à part dans le cœur de ceux que j'aime qui doivent m'aimer autant que moi je les aime; et quand j'aime, c'est sans demi-mesure. Je leur en veux de ne pas m'appeler, de ne pas me parler même si ce n’est pas 2 ou 3 jours et de ne pas être toujours disponibles. Je suis incapable de respecter leur rythme ou de laisser respirer, j'ai besoin d'eux comme d'une drogue que je veux m'accaparer pour mon seul plaisir. Comme un gosse pourri gâté de 3 ans qui ne veut pas prêter ses jouets, qui hurle quand on ne lui apporte pas sur le champ ce qu'il demande et qui croit que le monde gravite autour de lui; je n'accepte pas que les autres aient une vie en dehors de ma petite personne. Je suis envieux de votre liberté qui vous parait si naturelle et j'essaye de vous en voler un morceau quand vous vous approchez de moi. J’ai des désirs et des ambitions démesurées parce que je considère que la vie a une dette envers moi et que je veux qu'elle la paye. Je suis un enfant-roi, maudit par la nature et qui le fait payer à ses sujets. Je n'ai de sujets que dans mon imagination car on ne peut pas soumettre ou retenir quelqu'un contre son gré et sans susciter la haine. Être haï de quelqu'un seulement pour avoir voulu qu'il vous aime, c'est totalement contre-nature. Comment être aimé en ayant une âme de tyran et pas la force de résister à mes penchants paranoïaques ? Je voudrais prendre les choses comme elles viennent sans tirer de plans sur la comète et sans tenter d'influer sur leur cours mais j'ai toujours la tentation de tout précipiter, empressement conduisant en général à ma chute. On n'influence pas son destin ou les gens en agissant selon un plan prévu à l'avance, on agit sans calcul sans se demander chaque jour où on sera demain. Je n'ai de contrôle sur rien et je me donne l'illusion d'avoir au moins le contrôle de ma vie. Ma vie m'échappe et je sens que je pourrais de moins en moins la retenir. J’ai une sensation d'urgence permanente, je ne me laisse pas le temps de réfléchir à la portée de mes actes et de relâcher la pression. J’ai tellement peur de manquer de temps qu'au lieu de le laisser s'écouler voire de le ralentir, je le mets en avance rapide sans songer à faire une pause de temps en temps. Je n'ai presque que la parole pour agir sur le monde et elle ne fait qu'exhiber mes blessures les plus intimes et mes contradictions au tout venant. Mon esprit est à vif, impudique par sa nudité. Je crois m'attacher les faveurs des autres et m'assurer de leurs sentiments en leur livrant mes fragilités en pâture. Je leur expose des doutes qu'ils ne peuvent pas dissiper et je leur pose des questions dont ils n'ont pas les réponses, ce n'est pas comme ça qu'on se fait aimer non plus. Je ne dois rien attendre, juste accepter les offrandes qu'on veut bien me donner et savoir dire "merci".
Les femmes sont dans un premier temps des cibles avant de devenir éventuellement des amies, des proies pour un cœur en manque. Je me déteste dans ces moments là, je montre patte blanche alors que mes intentions sont loin d'être si innocentes. J’entre dans un jeu de séduction sans en avoir l'air alors que "draguer" et mentir sont des comportements qui m'insupportent chez les autres. Je joue les amis jusqu'à ce que je révèle mes intentions et je suis toujours perdant en ayant cru berner mon interlocutrice. c'est seulement une fois que mes espoirs se sont envolés que je parviens enfin à me comporter comme un ami sincère et digne de confiance même si l'espoir d'aller plus loin met du temps à se dissiper. Quand je vais vers une fille c'est d'abord qu'elle m'attire physiquement et que j'espère vivre une histoire d'amour avec elle. Je n'arrive pas à sortir cette idée de ma tête et à ne pas tenter de séduire toutes celles qui passent. Je me permets des initiatives que ni mon physique ni mon caractère ne peuvent faire aboutir. J’aimerai aller vers elles pour ce qu'elles sont et non pour ce qu'elles peuvent m'apporter et savoir garder pour moi mes intentions.
Je crois qu'une meilleure gestion mes désirs et mes émotions en usant de mes mots à bon escient et non plus à tort et à travers m'ôtera bien plus de soucis qu'elle ne m'en apportera. À force de m'être tu pendant mon adolescence, je ne sais plus maintenant quand je dois me taire.
Faute avouée à moitié pardonnée...pardonnez-moi.
Par Homer Pumpkin
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Me voici au cœur du labyrinthe. Un labyrinthe déserté où la mousse et les plantes ont recouvert les parois ruisselantes. Des pans de murs entiers sont lézardés ou gisent sur le sol, foudroyés par les ans. Le soleil semble s’être percé en de nombreux endroits des judas où il jette de lumineux et brûlants regards tout au long du jour. Ce lieu de perdition n’est plus qu’une coquille vide qui n’effraie ou n’impressionne plus personne. Nulle bête humaine, nul démon cornu n’arpente plus ces ruines, minotaures et autres faunes qui régnaient ici en maîtres, se sont enfuis il y a bien longtemps. Ce royaume n’était qu’un fief chimérique où ils pensaient folâtrer en toute liberté n’était qu’une prison aux murs et aux barreaux de pierre, sans espoir ni issue. Souvent mélancoliques après leurs bacchanales frénétiques, ils restaient longtemps le regard dans le vague, perdu dans le dédale bien plus tortueux de leur tristesse. L’haleine capiteuse de vin qui exhalait de leur bouche ne parvenait pas à masquer l’odeur délétère et lourde de la captivité. Ils s’enivraient pour oublier qu’on les avait oubliés et qu’ils n’auraient plus d’existence ailleurs que dans nos songes. Satyres, Satans aux yeux mouillés de larmes soufflant dans les syrinx les mélopées de leur ancienne et lointaine contrée d’Arcadie. Et toi Minotaure, vénérable solitaire, où es-tu ? Tu ne guettes plus à chaque détour du labyrinthe le visiteur imprudent ou assez fou pour vouloir t’affronter. Thésée, l’insolent t’as vaincu et depuis tu te terres dans les derniers bastions de noirceur que recèle ce champ de ruines. Tes larmes tu les caches dans l’obscurité et dans l’épaisseur de tes poils d’ébène. Le gardien des lieux ne reparaitra plus devant des yeux humains tant sa honte et son désespoir sont immenses. Il n’y a plus aucun péril à redouter ici, tout est tranquille. Le vent marin s’engouffre dans les couloirs et dans les failles, sur cette île. L’île de Crète, nommée ainsi désormais. La vie a repris ses droits et fourmille à nouveau là où la mort avait rôdé à l’aube des temps.
Triste Peter Pan que je suis, enfant sauvage et enfiévré de la nuit, que les mélodies enchanteresses des faunes me manquent. Elles venaient réchauffer mon cœur alangui avec des notes légères et insouciantes, flottant comme mille baisers sonores. Des baisers qui chatouillaient mes oreilles et me rendaient le sourire. Je voudrais m’envoler à nouveau pour le pays imaginaire et ne plus jamais atterrir. Never Land. Never land.
*Le Labyrinthe du Faune
Par Homer Pumpkin
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Neige. Allez tombe comme avant. Tombe et efface sous ton manteau toutes nos peines dont l’empreinte semble si profonde. La neige étend son doux matelas dans lequel nous plongeons nos mains pour sentir à nouveau cette froideur délicate et y puiser les souvenirs de nos frais hivers d’enfance où le temps figeait parfois sa course. Ce paysage enneigé et tranquille que nous avons tous admiré les yeux grand ouverts nous parait à présent si lointain et presque inaccessible tant tout est déréglé. Qu’elle est loin l’époque magique où les saisons suivaient leur immuable cycle et assaisonnaient nos cœurs de quatre saveurs contrastées. Qu’il est loin l’émerveillement d’un réveil en plein hiver avec cet immaculé opercule couvrant herbe et arbres, toits et voitures alors que la veille au soir ces mêmes arbres étaient nus, ces mêmes voitures ne laissaient voir que leurs écrins de métal. Magie ou miracle ? Nous ne savions pas, nous, enfants innocents et rêveurs que nous étions, par quel fabuleux prodige cette étrange crème chantilly était arrivée là et avait tout recouvert. Quel géant était ainsi monté dans le ciel et avait réduit les nuages en confettis ? L’imagination a des pouvoirs qui permettent de tout croire et de voir le monde non pas tel qu’il est mais tel qu’il devrait être. Des rires éclatent, des enfants courent et trébuchent dans la neige, le bonheur et le froid font rougir leurs joues, leur esprit est blanc, vierge de tout souci; ils sont heureux c’est tout. Une harmonie invisible papillonne entre eux et plane de longs instants puis s’envole une fois les jeux terminés. Ils pétrissent la neige de leurs mains gainées de laine et la roulent en boules compactes et solides qui exploseront pourtant en mille éclats au moindre choc. Sous la neige, un western se prépare. Un western sans cowboys ni indiens qui finit sans aucune goutte de sang et dans l’hilarité générale autour d’un goûter partagé entre amis. L’hiver faisait lui aussi une trêve en relâchant son étreinte qui obscurcit les esprits et affaiblit les corps. La trêve prend fin bien vite et il est déjà temps pour nos enfants de rentrer chez eux se réchauffer dans des bras affectueux ou devant un feu de cheminée. Les bottes et les bonnets sèchent tranquillement tandis que la nuit tombe sur le quartier assoupi sous son duvet de plumes célestes. Neige, cette fille polaire du ciel embrasse de ses lèvres pâles la nature qui accepte gracieusement cette parure qui n’a pour but que de l’embellir.
Que ne donnerai-je pas pour revivre tout ça ? Un jour je l’espère, je serai récompensé. Une coccinelle m’annoncera peut-être, sans que je m'y attende, l’arrivée de ce printemps tant désiré depuis si longtemps. Un printemps qui devrait débuter une année qui sera suivie de nombreuses autres années closes par de nombreux autres hivers si la chance me sourie.
Par Homer Pumpkin
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Par où commencer ? Ou plutôt, par où recommencer ? La vie n'est qu'une suite de fuites en avant vers l'horizon, cet ailleurs que nous craignons de ne jamais atteindre car il ne fait que se dérober à mesure que nous avançons vers lui. À quoi bon fuir ? Moins souffrir ? Non, elle est toujours là cette traîtresse, pesante, prégnante. Oublier ? Oublier que je vis ? Oublier, c'est tuer et être oublié, c'est mourir; je ne veux être ni bourreau ni victime. Mon heure n'est pas venue. Une bile noire et âcre avait à nouveau englué mon âme de doutes irraisonnés et de questions insolubles, posées comme des énigmes dépourvues de clé le long de mon chemin à nouveau obscurci par les jalons troubles de mes souffrances. Je continue à apprendre à taire haines et angoisses, la moindre inquiétude peut prendre une ampleur démesurée pour peu que je ne sois pas sur mes gardes mais je sais désormais calmer cet orage qui gronde dans ma tête. J’ai cessé de chercher un sens à l'insensé et imprévisible torrent de la vie, j'ai cessé d'essayer d'analyser le moindre sursaut, la moindre courbure de ce torrent qui n'est en fait qu'un simple et magnifique cours d'eau. Qu’il soit limpide ou tempétueux, il coulera toujours et sa course ne variera pas quelles que soient les intempéries. des sourires francs et enfantins, des liens noués ou resserrés, quelques remises au point ou en question m'ont permis de retrouver ce que j'avais perdu, ou cru perdre et qui battait pourtant au plus profond de moi; c'est cette foi inébranlable en l'autre qui me donne cette force pour progresser et aller encore de l'avant même quand l'énergie vient à me manquer.
Merci à tous ceux qui par leurs mots ou par leur seule présence m'aident sans le savoir à me construire un autre avenir et à trouer les nuages pour que le soleil m'éclaire comme tous les autres. Il n'y a rien de déshonorant ou d'indigne à s'appuyer, quand le besoin se fait impérieux, sur quelques solides planches de salut pour pouvoir se remettre debout et faire face à toutes les incertitudes de l'existence. Je suis perdu mais pas encore échoué. J’ai peur mais je ne suis plus seul maintenant.
Par Homer Pumpkin
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Vendredi 10 novembre 2006
J’ai longtemps erré, me laissant dériver au gré de flots noirs et le long de rivages brumeux, en quête d’une terre qui pourrait m’accueillir et devenir mon Ithaque. Je tenais le cap car je souhaitais sans me l’avouer qu’une Pénélope m’attende quelque part et pense à moi en faisant et défaisant jour après jour son ouvrage, espérant mon retour. J’ai frôlé Charybde, briseur de coques et de mâts avant d’éviter de justesse Scylla, dévoreuse de chairs et d’âmes. J’ai fui le regard implacable des cyclopes dont l’œil unique ne sait pas pleurer, ces monstres d’indifférence pour qui mon nom est « personne » n’ont pas pu se saisir de moi pour me déchirer comme une vulgaire poupée de chiffon. Ma guerre de Troie n’est pourtant pas terminée et me poursuivra toute ma vie, tel un spectre sorti du plus profond du Tartare et qui viendra raviver sans cesse mes anciennes blessures. J’aimerais me plonger dans les eaux du fleuve de l’oubli pour enfin me délester de mes souffrances et de mon existence en pointillé, oublier le Mal pour ne plus en souffrir, c’est le cours normal de la vie. J’espère de toutes mes forces ne jamais avoir à arpenter les rives sombres du Styx où mon âme vaincue se rendra si la fatalité s’acharne à me destiner cette fin. Sur mon radeau de fortune, j’ai lutté contre des vagues déchaînées et résisté aux chants envoûtants des Sirènes qui voulaient m’attirer vers des récifs mortels, à force de volonté, j’ai pu louvoyer entre les écueils et me sortir de bien des pièges. Un Poséidon haineux me menaçait de son trident tout au long de mon périple, lâchant sans pitié mille périls semblables à une meute de chiens infernaux crachant des éclairs et soulevant des lames de fond, à mes trousses. Qu’il est loin le royaume prospère qui habite mes rêves depuis ma jeunesse et où j’espère poser un pied à nouveau alerte, le jour où mon corps répondra présent et aura la force de me porter. Athéna, en bienveillante gardienne et guide, m’a couvert de son égide protectrice et a fait scintiller les étoiles avec la pureté de son amour pour qu’elles puissent m’orienter vers une contrée où je saurais déceler les joies les plus simple sous chaque pierre, dans le bruissement des arbres ou dans le turquoise de l’eau.
Mon odyssée touche à sa fin et ces années passées à naviguer m’ont appris à affronter l’adversité et le tumulte de nos existences fugitives où les escales accueillantes se font rares et bien trop courtes pour pouvoir en profiter pleinement. Des vents contraires nous poussent vers des rochers qui entaillent le vaisseau de notre âme et disloquent nos gouvernails, nous laissant meurtris dans notre chair et désorientés au milieu des bourrasques auxquelles nous sommes incapables de résister. Des épaves échouées tels des squelettes de bois gisent sur des plages inconnues ou ont sombré dans des eaux noires près desquelles aucun être sensé ne s’aventurerait. Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage…une autre traversée m’attend désormais, bien plus palpitante que la précédente mais d’où nul ne peut revenir: une vie en quête du Bonheur.
Par Homer Pumpkin
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