Un endroit accueillant où l'on se réfugie les soirs de tempête et auquel on pense quand notre vie dérive ou est sur le point de se perdre. Ce ne sont pas seulement quatre murs entre lesquels résonnent les souvenirs ni un toit abritant secrets et chuchotements; ce n'est pas non plus un lieu défini et immobile, il évolue, connaît plusieurs vies, disparaît ou n'est régi que par le rythme des saisons et du froid de la nuit. On l'appelle foyer, domicile, logis, demeure ou tout simplement "maison", elle est ce qu'on en fait et ce qu'on y met de soi. C’est une partie de sa vie qu'on y laisse à chaque passage dans ces lieux qui suscitent en nous une émotion particulière et unique, que nous y vivions encore ou que nous n’ayons fait qu’y passer. Certains ont choisi de fuir ce foyer qui réchauffe le cœur mais qui peut aussi brûler l'âme comme un brasier attisé par des cris infernaux et par des coups éclatant dans l'air comme le bois dans le feu d'une cheminée; ils quittent cet endroit maudit pavé de souffrances pour construire ailleurs un lieu digne de les accueillir, un havre à l’abri du mal. Il arrive un jour où on doit abandonner son enfance et les murs qui la protègent pour partir créer par soi-même et pour soi son propre foyer qui hébergera dans l’avenir les souvenirs de nos futurs enfants.
Par Homer Pumpkin
-
Publié dans : Neverlands
0
-
Recommander
Il vaut mieux savoir se taire parfois quand l’heure n’est plus à la parole mais au silence mystérieux et inquiétant, ce silence qui m’habite et que j’essayais en vain de combler par un verbiage inutile et vide de sens qui, au mieux étonnait et au pire, exaspérait. Je pensais qu’on m’aimerait plus en sachant tout de moi y compris mes doutes et mes faiblesses, cela n’aura servi qu’à révéler aux yeux de tous à quel point je manquais de confiance en moi et les questions que je me posais sont elles restées en suspens sans que moi ni personne n’y trouve de réponse. J’ai parlé, trop parlé et trop dit ce que j’éprouvais sans prendre la distance nécessaire ou mesurer la portée de mes paroles ; pour moi tout ce qui venait de mon cœur ne pouvait pas être nocif ou nuisible (pour moi ou pour les autres) mais je me suis fourvoyé et suis resté dans l’erreur bien trop longtemps. Personne ne veut savoir ce que les autres cachent surtout quand ça leur est lancé en plein visage comme un bout de viande avariée même si ce n’est pas un acte délibéré, je devrais garder ce genre de secrets encombrants pour moi et en supporter moi-même le poids sans vouloir m’accrocher à tout prix à d’improbables bouées de sauvetage dans l’unique but de soulager mon fardeau. J’avais passé une partie de ma vie à ne pas oser m’exprimer, par timidité d’abord et surtout par peur de ne pas intéresser les autres avec ma vie triste et insipide, vie qui est finalement notre lot commun à tous un jour ou l’autre même si n’est pas forcément définitif. Je dois assumer seul mon handicap car il est ma déchirure que personne ne peut comprendre ou n’a à comprendre et que personne ne peut exorciser. C’est à mon tour d’écouter ce que les autres ont envie de me dire sans juger ou me laisser tromper par ma vision parfois stéréotypée des choses, la sagesse est de rester à présent muet.
Par Homer Pumpkin
-
Publié dans : Neverlands
0
-
Recommander
Le miroir est comme un cours d’eau glacé dans lequel on voit son reflet, l’image flatteuse pour certains ou impitoyable pour d’autres mais toujours exacte. Quand il m’arrive d’oser jeter un regard dans ce miroir, ce n’est pas Narcisse ou Adonis que j’y vois mais un corps difforme qui ne correspond en rien à ce que je suis en réalité. Comme si le reflet pouvait mentir ou prenait plaisir à asséner une vérité bien disgracieuse. Je suis peut-être incapable d’accepter cette vérité ou je ne cherche qu'à voir l’illusion que j’ai engendré ; illusion nourrie par mes peurs, mes angoisses, mes manques et mes regrets de n’avoir pas pu décider moi-même du chemin que j’arpente et qui me mène je ne sais où. Je suis seul, il fait nuit, j’ai froid et dans le miroir mon visage s’est effacé, il ne reste qu’un trou béant qui réduit le monde autour de moi en gravats. Qui suis-je ? Un vide qu’il faut combler. Où est la porte ? Quelle importance…j’ai avalé la clé. Où est mon image ? Tu es Dorian Gray mais c’est ton visage qui disparaît, le portrait reste intact. Je ne suis qu’un miroir reflétant vos sentiments, il n’y a rien d’autre à dire.
Par Homer Pumpkin
-
Publié dans : Neverlands
0
-
Recommander
Un héros solitaire en quête d'un idéal de justice qu’il sert assidument et avec honneur, un chevalier méditatif mais à la lame implacable, un être prêt à l’ultime sacrifice de sa vie pour respecter son code d’honneur ; cet homme là est un samouraï. Ma quête est bien différente mais poursuit elle aussi un idéal et doit être menée en solitaire. L’honneur est une vertu parfois tentante à abandonner mais je m’efforce de ne pas céder à cette tentation, j’essaye au mieux de ne pas tricher ou jouer avec les sentiments des autres même s’il est aisé d’user de tels subterfuges et également je fais en sorte de ne pas avoir à mentir sur mes propres sentiments en les exprimant librement, voire de façon libertaire ce qui peut déconcerter, agacer, amuser ou attendrir ceux qui m'entourent. La lame de mes mots peut s’avérer bien effilée et tranchante mais c’est par pure nécessité de me défendre ou de protéger mon honneur, notion galvaudée et aisément taxée d’orgueil mal placé de nos jours. Ces mots blessent et font saigner lorsqu’ils fendent l’air de coups de taille et d’estoc, provoquant plaies et coupures qui laissent des cicatrices que le temps ne fait pas toujours disparaître. Aucune malveillance pourtant dans mon esprit, il s’agirait plutôt d’un perfectionnisme forcené et d'une soif éperdue de vérité. Ma vie est en jeu et dépérira que j’atteigne mon but ou non, faire don de sa vie pour pouvoir la vivre c’est un paradoxe que je dois pourtant éprouver en espérant ne pas avoir à y trouver une réponse. Le samouraï est le serviteur de son maître, l’amour est mon maître qui toujours me fuit et je le servirai quitte à ne jamais l’atteindre.
Par Homer Pumpkin
-
Publié dans : Neverlands
0
-
Recommander
Il m’habite parfois ce poète, lui et tous ses frères écorchés, noyant la muse Ophélie dans l’absinthe et écrivant leurs souffrances de leur sang à peine sorti de leurs veines. Le poison de la vie leur tord le ventre mais la plume à la main ils écrivent jusqu’à en mourir, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien…à dire et à souffrir. Des vers innombrables partant en tous sens se tordent, se tortillent et dévorent l’esprit romantique des adolescents qui voient que le désespoir peut avoir un visage séduisant et une voix que chacun peut entendre. Il n’y a pus qu’un écho de ce que furent ces poètes disparus dont le cercle vertueux capitonné de vices se resserre de plus en plus et un jour se fermera ; il ne reste que des mots jetés sur des pages, des mots comptés, des mots choisis et des pieds qui s’entrechoquent et des rimes étranges. Beauté amère, hommage amer à l’enfant prodig(u)e entre tous qui une fois sa croisade poétique terminée et ses amours fanées, alla perdre ses pas dans le désert avant de revenir à l’origine, à la mère et que la mort le fauche au trente-septième printemps. Arthur, Charles, Paul et les autres…que nul ne les oublie.
Par Homer Pumpkin
-
Publié dans : Neverlands
0
-
Recommander
Commentaires